Outre la cueillette d’instantanés au grès des saisons et des lieux, différents projets animent mon âme.
En voici quelques extraits.
Si mon regard sur la vie et ses lumières vous touche, que mon approche artistique et humaniste résonne en vous, n’hésitez pas à me contacter pour de prochaines collaborations.
PROJET en cours : En Gitany
« Toute votre vie vous vous souviendrez de votre voyage en Gitany . »
Nous étions une cinquantaine , gitans et gadjis pêle-mêle sur le parvis de l’église des Saintes Maries de la Mer, en communion universelle, portés par le rythme saccadé et les notes entêtantes de la guitare, hypnotisés par les déhanchements de la jeune danseuse. C’était la voix d’un vieux mendiant provençal, à la barbe broussailleuse, aux joues tannées par les vents de Camargue et aux yeux profondément lumineux. Spectateur lui aussi, observant ma fascination, le vieil homme plongea son regard au plus profond de mon âme en m’adressa ces mots, à jamais gravés dans mon cœur. Le voyage commençait ..

Depuis l’enfance, de par le passage des copains « enfants du voyages » dans mon école en juin lors de la fête foraine dans ma ville, dont les récits de cette vie si différente et leur façon d’être m’émerveillaient, et par mes lectures où cette liberté gitane et voyageuse me faisait rêver, une part du monde gitan a toujours palpité dans mon coeur. Dans ma vie précédente de maîtresse j’ai eu la chance travailler auprès de ces enfants, un premier pas entre deux mondes que je souhaite désormais approfondir au moyen de la photographie.
Pour cela ma démarche est lente et immersive. Les photos du pèlerinage datent de 2019. Depuis j’ai patiemment tisé des liens avec une famille rencontrée aux Saintes. La distance et les péripéties de la vie ont fait que les rencontres ont été rares, mais précieuses et sincères. Nous avons appris à nous connaître et je n’ai commencé à photographier il y a un seulement un an, avec parcimonie mais en confiance. Nous passons plus de temps ensemble sans l’appareil photo car je souhaite vivre l’instant avant tout et toujours sans artifice. Les photos sont rares mais sincères et ne seront dévoilées qu’en exposition.
J’ai cela en moi depuis longtemps, l’injustice et le rejet de l’autre me poignardent. Ma volonté est de donner une voix de manière artistique à ceux qui sont mis au ban de la société de manière arbitraire. Mon amour pour l’Inde y est bien entendu pour quelque chose.

Autour de moi, dans le milieu artistique, lorsque je parle de mon projet on me dit que c’est un sujet classique, qu’il y a déjà de talentueux photographes sur ce sujet, alors j’ai pensé souvent à renoncer. Pourtant, j’ai cela dans le ventre, je me sens guidée. Et même si les obstacles sont réels, que la lumière est incertaine et que mon espoir fluctue, ma volonté de témoigner avec le cœur demeure intangible.
Chapitre 1 : Pélerinage des Saintes Maries de la mer Chaque 24 et 25 mai une procession emmène les statues des Saintes jusqu’à la mer puis les ramène à l’église, rejouant symboliquement l’arrivée des Saintes Sara, Marie Jacobé et Marie Salomé après leur départ de Palestine. Venus des quatre coins de France, et d’Europe pour célébrer leur arrivée, et surtout celle de Sara, leur patronne, les gitans ( manouches, tziganes, roms … ) se réunissent et se retrouvent. La petite ville des Saintes Maries de la mer inondée de monde se met alors à palpiter au rythme des musiques, des danses, des retrouvailles, dans une ferveur contagieuse, aux chants et prières lancinants et sous la lumière des cierge dans l’église comme celle du soleil provençal.












PROJET : VENEZIA la vità
Venise en novembre. C’est un grand bonheur pour moi de revenir sur ces lieux, de parler à nouveau un peu en italien, et de découvrir quelques mots du dialecte vénitien dont « il verde » qui désigne le délicieux gorgonzola. Le brouillard et l’humidité, tout comme l’aqua alta laissent davantage de place à la vie vénitienne. Les touristes sont moins nombreux et les pavés des ruelles résonnent du pas décidé des habitants qui partent travailler, les ruelles retentissent des cris joyeux des écoliers, les cafés sont le théâtre d’échanges chaleureux. Le manège de la récolte des poubelles suspendues aux portes dans des petits sacs bleus et roses donne une touche un peu surréaliste à l’architecture grandiose, restée figée dans le passé. Découvrir les lieux de vie qui rassemblent, les petites épiceries tellement vivantes encore, le cercle des gondoliers, les rares étals de marchés qui perdurent, sentir l’âme des quartiers et l’ardeur du même combat contre les « gran nave » (les paquebots ) me touche énormément et contribue à inscrire définitivement la cité des Doges dans mon cœur.
Voici un extrait de cette série du village Venise.











